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Aujourd’hui, j’ai décidé de partager avec vous la journée de mon accouchement. Au départ je ne souhaitais pas le faire car c’est assez personnel et je vous ai conseillé tout au long de ma grossesse de ne pas écouter le récit des autres. Mais comme ça s’est vraiment bien passé, ça m’a donné envie de vous le raconter car c’est important de partager aussi les bonnes expériences pour vous permettre d’éventuellement être rassurées sur le sujet.

L’accouchement, avant de tomber enceinte, je voyais cela comme une épreuve extrêmement difficile à passer surtout avec ma phobie du milieu médical. J’étais d’ailleurs persuadée que je passerais 9 mois de stress à appréhender. Une fois enceinte, j’ai décidé de ne pas y penser, de faire confiance aux équipes médicales, de me dire que des millions de femmes y sont passées avant moi et même qu’elles recommencent ! C’est donc que ça ne doit pas être si terrible ! Même si je ne voulais pas y penser, je me suis quand même renseignée sur le sujet, notamment avec les cours de préparation à la naissance car il est important de savoir à quoi s’attendre pour ne pas être surprise et paniquée. Au début de la grossesse, on appréhende terriblement ce moment et à la fin, on en a tellement marre d’être lourde et imposante que finalement on a presque hâte d’accoucher !

Les jours précédents… 

Ma fille était prévue pour le 19 septembre et vous allez rire mais je voulais absolument qu’elle naisse un jour pair. Je voulais aussi éviter le 11 septembre. Tous les jours impairs, j’en profitais pour me bouger à la maison car je me disais que si ça se déclenche dans la journée, j’accoucherais surement le lendemain donc un jour pair.

J’avais peur, tout au long de ma grossesse, de ne pas reconnaître les contractions. On nous avait dit au cours de préparation que quand ce sera les bonnes, c’est impossible de les louper. Lors d’une vraie contraction, on ne peut plus marcher, ni parler, c’est intense ! Une contraction dure environ une minute dont 30 secondes où ça fait mal, c’est le seuil de douleur. Quand on est dans cette période de douleur, il faut souffler, rester positive et se dire que ça va bientôt passer. Ensuite il faut vraiment profiter du temps que l’on a entre chaque contraction pour se reposer.

La nuit commence…

Le 13 septembre, j’ai un peu plus forcé que les autres jours sur les efforts : j’ai dansé, fait du rangement, l’aspirateur etc. Le soir je sentais que j’avais mal au ventre mais je me disais que j’avais surement trop mangé. Vers 2h du matin, des contractions régulières ont commencé…

J’avais téléchargé une application pour noter leurs fréquences et ça m’a vraiment aidé à savoir où j’en étais. J’avais une hantise : celle de me rendre à la maternité trop tôt et de faire perdre du temps à mon chéri. Alors étonnement, je ne me suis pas stressée ni pressée. On m’avait dit qu’il fallait s’y rendre quand les contractions seraient espacées de 5 minutes. A 2h du matin quand elles ont commencé, elles étaient séparées de 10 minutes.

À 4 heures du matin, j’en étais à 8 minutes et ça faisait déjà deux heures que je souffrais, m’endormais et me réveillais à chaque contraction. J’ai donc téléphoné à la maternité pour être rassurée et savoir quoi faire. Ils m’ont conseillé de prendre des spasfons, un doliprane et de prendre un bain. Si j’avais moins mal et que ça passait, ça serait du faux travail, si tout cela n’avait aucun effet, c’est que le travail avait vraiment commencé. Je me suis donc exécutée et j’ai pris mon bain à 4 heures du matin. Pendant une heure, j’ai eu des contractions dans le bain, cela ne les a absolument pas atténué.

À 5 heures du matin, j’en étais à 7 minutes d’intervalle. J’ai alors décidé de retourner me coucher, d’essayer de me reposer au maximum et de réveiller le chéri qu’au matin. 

À 8 heures du matin après une nuit blanche, mes contractions étaient espacées de 6 minutes. J’ai dit à mon chéri qu’on allait déjeuner tranquillement, préparer les affaires et qu’on se rendrait à la maternité ce matin. Je n’en reviens pas encore aujourd’hui d’avoir été aussi zen…

Arrivée à la maternité… 

À 10 heures, nous arrivions à la maternité. Mes contractions étaient toutes les 5 minutes. J’explique cela à la sage-femme qui m’installe pour m’examiner. Je lui raconte que j’ai peur d’être venue pour rien et qu’elle nous renvoie à la maison. Elle m’explique que si mon col n’est pas dilaté à au moins 3 cm, nous rentrerons à la maison. Elle regarde et me dit : “Ça vous plait comme date le 14 septembre ?”, je lui réponds que oui (évidemment c’est un nombre pair et j’ai tout fait pour), “car vous en êtes à 4cm, bravo vous avez bien travaillé !”. J’ai explosé en sanglots car je réalisais à cet instant que ça allait vraiment être pour aujourd’hui et que je n’avais pas passé toute la nuit à souffrir pour rien

La péridurale…

La sage-femme m’a demandé si je souhaitais avoir la péridurale. Je lui ai répondu que oui mais je n’étais plus sure car j’avais peur. Je lui ai demandé combien de temps j’avais pour me décider… Elle m’a répondu que le planning de l’anesthésiste était chargé et qu’il fallait lui dire quand même assez rapidement. Elle m’a laissé 30 minutes pour réfléchir.

La péridurale, je savais que je la voulais dans le sens où je ne voulais pas souffrir mais j’étais terrifiée à l’idée de ne plus sentir et pouvoir bouger mes jambes… L’aiguille, la douleur de la pose, je m’en fichais, c’était vraiment la peur de cette sensation d’engourdissement que je ne supporte pas. La sage-femme revint et me donna un argument qui finit par me convaincre : elle m’a dit qu’avec la péridurale, je pourrais enfin me reposer et dormir un peu sans être réveillé constamment par les contractions.

À 11 heures, on se déplace alors en salle de naissance. J’ai pris le temps de regarder cette salle en me disant que c’est à cet endroit précis que va naître ma fille. Puis le bel et jeune anesthésiste arriva. La sage-femme m’a pris les mains et a essayé de me détendre mais je pleurais tout au long de la pose… 

Une fois posée, on m’expliqua qu’ils n’ont mis qu’une mini-dose et que c’est ensuite à moi d’appuyer en fonction de ma douleur pour rajouter du produit. Je me suis dit que de toute façon, même si j’avais mal je n’appuierais pas, hors de question de risquer d’encore moins sentir mes jambes. Après plusieurs minutes d’angoisse à attendre l’agissement du produit, je me rendais compte que je pouvais bouger mes jambes et que je ressentais la chaleur de mes mains posées dessus. Certes mes jambes, enfin surtout mes cuisses, étaient engourdies mais si je ne les touchais pas ça allait. La douleur des contractions est partie, je sentais l’arrivée d’une contraction mais sans douleur, c’était comme une libération après toutes ces heures de souffrances.

L’attente…

À midi, la sage-femme m’a demandé à quelle heure je souhaitais accoucher. J’ai trouvé ça vraiment drôle de poser la question. Je n’étais pas pressée d’accoucher car j’appréhendais le moment et j’avais besoin de temps pour me préparer psychologiquement. Je lui dis à 16 heures ça m’irait. Mon chéri était dégoûté, il s’ennuyait déjà et avait envie que ça aille plus vite. La sage-femme me dit qu’à 16 heures c’était parfait et qu’elle reviendrait me voir d’ici là.

Une fois la péridurale posée, je n’avais plus le droit de manger mais je pouvais boire même sucré. Je ne ressentais pas la faim, j’avais bien fait de prendre un bon petit déjeuner avant de partir. Mon chéri est parti m’acheter de l’oasis tropical (ma boisson préférée) pour me donner des forces.

À 13 heures, je commençais à ressentir de nouveau la douleur des contractions mais je ne voulais pas appuyer sur le bouton de la péridurale. J’ai passé 15 minutes à questionner mon chéri pour savoir s’il pensait que je devais appuyer ou non. J’étais un peu pénible à ce sujet mais je faisais vraiment un blocage. Au final on est arrivé à la conclusion qu’il allait appuyer lui. La nouvelle dose mettait environ 15 minutes à faire effet et ensuite j’étais de nouveau bien (et je bougeais toujours mes jambes, ouf !). Au final, au fil des heures, nous avons réappuyé 3 fois.

C’est l’heure…

16 heures, la sage-femme est de retour et je n’ai absolument pas vu le temps passer (mon chéri oui). Elle m’examina et me dit que mon col est ouvert intégralement, c’est à dire 10 centimètres mais que mon bébé n’est pas encore assez descendu. Elle m’installa alors dans une drôle de position avec les étiers afin d’aider le bébé à descendre. Elle me dit qu’elle sera de retour dans une heure.

17 heures, elle m’examina de nouveau et nous annonça qu’il allait falloir s’installer pour l’accouchement. Ça y est, on y est, c’est le moment. Tout se bouscule dans ma tête, le moment tant redouté et tant attendu est arrivé, nous allons rencontrer notre fille, je ne réalise pas… 

Poussez madame… 

Dans la salle nous étions 4, moi, mon chéri et deux sages-femmes, c’est tout. Je pensais que nous serions plus mais finalement c’est vrai qu’il n’y a pas besoin de beaucoup de personnes et j’aime ce côté intimiste. La sage-femme m’explique que dès que je ressens une contraction, je dois lui dire, rentrer la tête et pousser en bloquant ma respiration.

La contraction arriva et vint le moment de pousser. J’étais agréablement surprise car je ressentais tout ce qu’il se passait mais sans avoir la douleur. Pousser, c’est vraiment difficile et je n’avais pas imaginé que ça serait aussi éprouvant. En fait il faut tenir, tenir, tenir le plus longtemps possible. C’est un peu comme une longueur d’apnée. J’avais du mal à tenir longtemps car j’avais l’impression que ma tête allait exploser. Heureusement que mon chéri et les sages-femmes étaient là pour m’encourager. Au bout de 10 minutes de poussées, elle m’annonce : je vois des cheveux ! J’arrête soudainement de pousser en plein effort et j’explose en sanglots ! J’étais tellement mais tellement contente qu’elle ait des cheveux… C’était autant important pour moi que la date paire 😉 ! Je reprends rapidement mes esprits et mes efforts… Sans douleur, je ressens quand la tête passe, ses épaules… C’est un moment tellement incroyable… 

17h24…

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Soudain, comme dans les films, elles me demandent d’arrêter de pousser et quelques instants plus tard, j’entends les premiers pleurs de ma fille et elles me la posent sur le ventre… Je mets ma main sur elle. Je réalise alors que j’avais ce si beau et grand bébé dans mon ventre, c’est incroyable ! Au début elle était un peu violette mais devint vite toute rose grâce à son oxygénation. Elle avait les yeux grands ouverts et nous regardait toute calme pendant 5 bonnes minutes où le temps semblait s’être arrêté…

Le plus beau jour de ma vie…

Enceinte et même avant, je me disais que le jour de mon accouchement ne serait pas le plus beau jour de ma vie car je pensais que ça allait être horrible mais que ça serait plutôt le lendemain. Finalement, lorsqu’on m’a posé mon bébé sur moi, tout ce qui s’était passé avant était complètement oublié pour laisser place à un intense sentiment de bonheur. La rencontre avec mon bébé fut complètement magique et hors du temps. Le 14 septembre 2016 est effectivement le plus beau jour de ma vie.

Et après ?

Malheureusement pour laisser passer mon beau bébé de 3,700kg, j’ai eu le droit à une épisiotomie. Mais je vous rassure, je n’ai absolument rien senti et quand elles m’ont recousu, j’étais complètement obnubilée par mon bébé et je n’y ai presque pas fait attention. Lorsque les effets de la péridurale sont partis, je n’ai pas beaucoup souffert car je prenais des anti-douleurs. Forcément après un accouchement on saigne beaucoup et on a un peu de mal à rester assise. Malgré les désagréments inévitables, je trouve que ce n’était pas si terrible et je m’en suis plutôt vite remise. J’ai beaucoup aimé le séjour à la maternité car avec Fiona on était vraiment chouchoutées et tout le personnel était aux petits soins avec nous.

Ce que je retiens…

Je suis vraiment contente de comment tout s’est goupillé et déroulé. Je suis contente d’avoir eu mes contractions la nuit, que mon chéri ait été là tout le long, d’avoir assez attendu à la maison et de ne pas avoir passé trop de temps à attendre à la maternité. J’ai trouvé le timing parfait. Les contractions font mal mais ce n’était pas insupportable. Ce sont comme de grosses crampes d’estomac qui montent progressivement en intensité jusqu’à atteindre le pic de douleur et ensuite ça s’arrête. Grâce au temps de repos entre chaque contraction, j’ai tenu le coup sans trop de difficultés.

Je suis fière de moi car j’ai réussi à garder mon sang-froid tout au long de ma grossesse et jusqu’à la fin ! C’est incroyable pour moi car j’étais vraiment quelqu’un de très angoissée et depuis ma grossesse, je n’ai jamais été aussi zen. Finalement, le moment le plus difficile pour moi ça a été la péridurale et l’engourdissement de mes jambes mais je suis très contente de l’avoir faite car j’ai pu vivre mon accouchement sans douleur et avec toutes les sensations. 

Je voudrais dire à toutes les filles qui ont peur de se lancer à cause de l’accouchement que la nature est bien faite, elle nous laisse 9 mois pour se préparer psychologiquement et qu’il faut faire confiance à notre corps de femme, il est fait pour avoir des enfants. De plus quand on est enceinte, l’accouchement est inévitable, cela ne sert donc à rien de se gâcher toute la grossesse à y penser car de toute façon ça va finir par arriver alors autant rester positive.

J’espère que cet article pourra en aider quelques-unes. N’hésitez pas à me poser des questions en commentaire, je vous répondrai avec plaisir.

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